William Hurt est venu tenir le rôle de Gad (créé à sa démesure) dans un téléroman québécois. Le modeste cachet offert à l'artiste couvrait à peine ses dépenses. La boîte de prod n'y croyait pas trop quand l'auteur leur a parlé de cette possibilité d'avoir ce monstre sacré dans la distribution. Et pourtant...Il a fallu écrire une longue scène dans un épisode lointain dont l'intrigue n'était pas encore développée même à l'état embryonnaire. Elle dure près de 9 minutes... chose rarissime, en télé. Luxe inoui pour un auteur. Le montage grossier du présent clip a été fait à partir d'un pot-pourri de "stock shot" repiqué d'une simple cassette VHS. C'est pourquoi vous voyez le time code à l'écran. La musique n'est pas celle de l'épisode diffusé en 2001. La nôtre est libre de droits. L'action devait se passer sur un ponton invraisemblable. Trop cher, on a dit. Il a fallu tout adapter pour la terre ferme. On y a perdu au change. Pour l'anecdote: William Hurt a offert de payer de sa poche pour le ponton. Son offre est restée lettre morte.Le jeu de son partenaire David Francis (Fred Fisher) est tout bonnement grandiose. Genevière Rioux (Ève) s'en sort très bien elle aussi. Si son personnage est muet, c'est à l'origine qu'il fallait trouver un prétexte pour que Gad et Fred dialoguent en français devant elle (elle ne sait lire sur les lèvres qu'en français). Rien à voir donc avec "Children of a lesser God". La scène est inspirée du livre de Job. Ève et G. Adam Davidson vivent dans une petite ferme isolée. C'est leur petit coin de paradis... Adam et Ève au paradis... dont les portes voisinent depuis toujours celles de l'enfer.